L’évolution rapide de l’industrie automobile vers l’électrification a engendré des discussions complexes autour de l’origine des matériaux nécessaires à la production de véhicules électriques. En parallèle, l’augmentation de la production de véhicules électriques soulève la question cruciale du recyclage des matériaux, en particulier des batteries de voiture.
Pour répondre à ces défis et dans le but d’accompagner de manière responsable cette transition vers l’électromobilité, l’Union Européenne a émis l’idée de mettre en place un système de “passeport pour les batteries” basé sur la technologie blockchain. Ce système pourrait suivre les batteries à chaque étape de leur cycle de vie, depuis leur production jusqu’à leur éventuel recyclage.
Plus de 120 entreprises ont exprimé leur intérêt pour l’initiative et prévoient de se réunir pour travailler sur le développement de ces “passeports de batterie”. Parmi ces entreprises figurent des géants de l’industrie automobile tels que Stellantis, BMW, Ford, Nissan, General Motor, Mazda et Honda. Ce projet ambitieux est soutenu par un consortium connu sous le nom de Mobility Open Blockchain Initiative (MOBI).
À partir de 2026, l’Union européenne prévoit d’exiger ces passeports numériques pour toutes les batteries utilisées dans les véhicules électriques. Ces passeports fourniront des enregistrements détaillés de la chaîne d’approvisionnement de chaque batterie, notamment sur l’origine de ses matériaux, le pourcentage de composants recyclés utilisés, les émissions de CO2 associées à sa production, et le respect des droits de l’homme tout au long de sa chaîne d’approvisionnement.
D’autres grands marchés de véhicules électriques, tels que les États-Unis et l’Inde, envisagent également la mise en place de réglementations similaires pour assurer une transition écologique plus responsable.
Dans le cadre de cette initiative, les entreprises participantes, en collaboration avec Amazon Web Services et Hitachi, élaborent des normes pour ces passeports de batterie. Chaque batterie se verra attribuer un numéro d’identification unique sur la blockchain, permettant de suivre sa trajectoire à chaque étape de son cycle de vie.
MOBI prévoit d’aller plus loin en surveillant en temps réel l’état de chaque batterie. De plus, le consortium envisage de suivre la production de chaque cellule de batterie afin de calculer précisément son empreinte carbone.
Le Parlement européen perçoit ces passeports comme un moyen efficace de faire respecter les exigences en matière de recyclage des matériaux de batteries, un défi majeur dans le cadre de la transition vers les véhicules électriques. Bosch, par exemple, travaille déjà activement sur cette question.
La demande croissante de matériaux comme le lithium pour la production de batteries de véhicules électriques a également été mise en évidence. Alors qu’en 2017, seulement 15 % de la demande mondiale de lithium était destinée aux véhicules électriques, en 2022, ce chiffre a grimpé à 60 %. Cette augmentation souligne l’importance de gérer de manière responsable les matériaux et les ressources.
Parmi les principales qualités que la le parlement européen exige pour que les données soient aussi convaincantes pour garantir la qualité de la batterie, il y a l’inclusion de l’origine des matériaux et des principaux indicateurs de durabilité, mais elle exige également la certification que les mines d’où les matières premières ont été extraites n’utilisent pas le travail des enfants et que les droits de tous les travailleurs sont respectés tout au long de la chaîne de fabrication.

Le même passeport doit indiquer si l’ensemble du processus de fabrication est conforme aux lois sur la santé et la sécurité, et même donner accès à des données sur la consommation d’eau et d’énergie utilisée pour la production, ainsi que sur la quantité totale de CO2 émise au cours de l’ensemble du cycle.
MOBI souhaite que ses normes soient adoptées par d’autres autorités en dehors de l’Europe et prévoit de les publier prochainement. Cependant, le consortium fait face à la concurrence d’un autre groupe, Catena-X, qui travaille également sur l’élaboration de normes pour les passeports de batterie et compte parmi ses membres des entreprises telles que Volkswagen et Siemens.





