vendredi, juin 21, 2024
AccueilTechnologieDes chercheurs argentins font breveter aux États-Unis des batteries lithium-soufre de nouvelle...

Des chercheurs argentins font breveter aux États-Unis des batteries lithium-soufre de nouvelle génération utilisant des poils de vache

 

Imaginez que vous receviez un sac rempli de poils de vache à l’odeur désagréable. La plupart d’entre nous diraient “Merci, mais non merci !”, mais pour les chercheurs de l’université nationale de Cordoue (UNC), cette matière première particulière était un trésor potentiel. Victoria Bracamonte, Guillermina Luque et Andrea Calderón, ainsi que leur équipe, ont identifié dans ces poils une matière première prometteuse pour le développement de batteries au lithium durables.

Une innovation marquée du sceau argentin

Cette recherche, menée au Laboratoire d’énergie durable (Laes) de l’UNC, a été soutenue par YPF-Tecnologías (Y-TEC). Il n’est pas surprenant que la découverte ait été si importante qu’un brevet a déjà été déposé aux États-Unis. Mais qu’est-ce que les poils de vache ont de si particulier ?

Le pouvoir du biochar

Pour comprendre, il faut d’abord parler du fonctionnement des batteries actuelles. En général, elles contiennent des anodes en graphite et des cathodes en cobalt et en nickel qui, bien qu’efficaces, sont coûteuses et polluantes. Le soufre, quant à lui, se présente comme une alternative plus efficace et plus durable aux cathodes, mais il a un défi à relever : il a besoin d’un “squelette” auquel s’attacher.

C’est là que les poils de vache entrent en jeu. Le traitement de ces poils permet d’obtenir du biochar, un type de carbone doté de structures micro et nanoporeuses. Ces caractéristiques permettent d’améliorer la vitesse de charge de la batterie et d’offrir une plus grande stabilité dans ses cycles.

Mais le chemin n’a pas été facile. Après avoir reçu les poils, le premier défi a été d’éliminer leur odeur. Après des processus domestiques de lavage et de “cuisson”, le biochar idéal a été obtenu. Celui-ci, combiné au soufre, est devenu la base de la batterie expérimentale qui a démontré des performances électrochimiques surprenantes.

Regard vers l’avenir

Bien que cette technologie en soit encore à ses débuts et qu’il faille attendre une dizaine d’années avant qu’elle n’arrive sur le marché, elle promet de révolutionner l’industrie des batteries. Ezequiel Leiva, de l’équipe de recherche, précise qu’elles ne remplaceront pas les batteries actuelles, mais qu’elles pourraient coexister avec elles, offrant une autonomie supérieure aux véhicules électriques.

Avantages environnementaux et économiques

À une époque où la durabilité est vitale, cette innovation s’inscrit dans la nécessité d’accélérer la transition énergétique et de lutter contre le changement climatique. Elle représente également une opportunité pour l’industrie argentine de la tannerie, qui génère de grandes quantités de poils de vache en tant que déchets, en donnant à ce matériau une nouvelle utilisation.

Science, persévérance et espoir

Victoria Bracamonte résume l’esprit du projet en déclarant : “Ce fut deux années de travail acharné, avec la pandémie au milieu. Mais nous avons réussi. Cette recherche démontre clairement que la science et la persévérance peuvent conduire à de bonnes découvertes, ouvrant la voie à des solutions durables et bénéfiques pour le monde entier.

Source:  UNC

Stéphane Bourgeois
Stéphane Bourgeois
Stéphane a commencé à écrire il y a quelques années, explorant des sujets tels que les dernières technologies numériques, l'impact environnemental des industries et les dernières découvertes scientifiques. Son objectif est de partager des informations claires et accessibles pour aider les lecteurs à mieux comprendre le monde qui les entoure.

Actualités

Coups de cœur