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Bruxelles impose de nouvelles règles antitrust à six géants du numérique

Bruxelles a désigné hier les six géants de la technologie qui devront désormais se conformer à la nouvelle loi sur les marchés numériques (DMA), la nouvelle directive antitrust visant à limiter le pouvoir excessif des plateformes numériques. Il s'agit pour l'instant d'Alphabet, d'Amazon, d'Apple, de ByteDance, de Microsoft et de Meta.

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Les six entreprises devront désormais se conformer à des règles qui concerneront au total 22 services. Parmi eux, des réseaux sociaux comme TikTok (ByteDance), Facebook ou Instagram (Meta), des services de messagerie instantanée (Whatsapp Messenger, de Meta) ou des navigateurs comme Chrome et Safari. Ainsi que les systèmes d’exploitation les plus utilisés, iOS ou Android, et les boutiques d’applications (Apple Store et Google Play).

La loi affectera 22 de ces services technologiques, dont Facebook, Instagram et TikTok.

La nouvelle loi, qui est entrée en vigueur il y a près d’un an, entraînera plus d’obligations, mais aussi plus de facilités pour les entreprises elles-mêmes. Elles pourront connaître à l’avance les exigences auxquelles elles doivent répondre, comme la notification préalable à la Commission européenne lorsqu’elles souhaitent acquérir une autre entreprise. Ainsi, elles ne devront pas attendre que Bruxelles ouvre une enquête qui prend généralement des années pour déterminer si elles respectent ou non la libre concurrence.

Les services de la concurrence de la Commission européenne luttent depuis des années contre les grandes entreprises technologiques, notamment pour que les utilisateurs aient la liberté, par exemple, de choisir les applications qu’ils souhaitent installer. Ainsi, la nouvelle directive permettra à tout utilisateur de choisir des applications dans des boutiques concurrentes (les utilisateurs d’Apple pourront utiliser Google Play, s’ils le souhaitent). En outre, il sera interdit de croiser les données personnelles que les entreprises acquièrent par l’intermédiaire de leurs différents services (par exemple de Facebook à Instagram) sans le consentement de l’utilisateur. Les moteurs de recherche ne pourront pas non plus promouvoir leurs propres produits sur leurs moteurs de recherche (comme cela s’est produit avec Google, avec une amende historique de plus de 2 milliards d’euros confirmée par les tribunaux européens en 2021).

Les institutions financières pourront proposer des services de paiement alternatifs

Les institutions financières obtiendront également l’une de leurs principales revendications, à savoir la possibilité de proposer aux utilisateurs des services de paiement alternatifs, en dehors des cartes bancaires ou de Paypal. Avec le consentement des utilisateurs, les banques pourront ainsi accéder aux données de leurs utilisateurs.

Bruxelles estime que ces plateformes et leurs services peuvent avoir la capacité de fausser le marché. C’est pourquoi l’exécutif a fixé des exigences qu’elles devront respecter dans un délai de six mois au plus tard. Les nouvelles règles visent à s’adapter à l’évolution du monde numérique. Jusqu’à présent, la manière dont les grandes entreprises technologiques menaient leurs activités était soit insuffisamment réglementée, soit régie par un ensemble de règles qui, dans de nombreux cas, étaient antérieures à l’économie numérique et dépassées. “Il était temps que l’Europe fixe les règles du jeu dès le départ afin de garantir des marchés numériques équitables et ouverts”, a déclaré Thierry Breton, commissaire européen chargé du marché intérieur.

Bruxelles peut imposer des amendes équivalant à 10 % du chiffre d’affaires d’une entreprise.

Selon l’exécutif européen, les six plateformes répondent aux exigences fixées par Bruxelles et sont soumises à la directive. Elles doivent notamment avoir réalisé un chiffre d’affaires d’au moins 7,5 milliards d’euros dans l’UE au cours des trois dernières années ou avoir une valeur marchande de 75 milliards d’euros au cours du dernier exercice, avoir au moins 45 millions d’utilisateurs actifs, plus de 10 000 utilisateurs professionnels par an et opérer dans au moins trois États membres.

Pour l’instant, la Commission européenne a décidé de ne pas inclure Samsung et son navigateur dans cette première série d’entreprises soumises à la directive-cadre sur l’eau, car, selon Bruxelles, elles ont “présenté des arguments suffisamment motivés” pour ne pas être incluses. Il en va de même pour le service de messagerie de Google, Gmail, et pour Outlook de Microsoft.

En outre, l’exécutif a indiqué qu’il avait ouvert quatre enquêtes pour analyser si le service de messagerie Bing (Microsoft) et iMessage (Apple) devront se conformer aux obligations de la directive, ainsi que le navigateur Edge et Microsoft Advertising. En outre, elle a ouvert une deuxième enquête de marché sur Apple afin de déterminer si l’iPadOS devrait relever de la directive. Bruxelles peut imposer des amendes équivalant à 10 % du chiffre d’affaires mondial total d’une entreprise si elle ne se conforme pas à ses obligations, ou à 20 % en cas de récidive ; enfin, elle peut contraindre une entreprise à se restructurer.

Pascal Dalibard
Pascal Dalibardhttps://appel-aura-ecologie.fr
Pascal est un passionné de technologie qui s'intéresse de près aux dernières innovations dans le domaine de la téléphonie mobile et des gadgets. Il est convaincu que la technologie peut changer le monde de manière positive, mais il est également soucieux de l'impact environnemental de ces produits.

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