WhatsApp déploie une fonction d’interopérabilité permettant d’afficher et d’utiliser des chats tiers directement dans l’application. Ce changement s’inscrit dans le cadre du Digital Markets Act (DMA) de l’Union européenne, qui vise les services dominants considérés comme gatekeepers et leur impose une ouverture à des concurrents. Concrètement, l’utilisateur peut autoriser la réception de messages provenant d’applications compatibles, puis choisir la manière dont ces conversations apparaissent dans l’interface.
Le Digital Markets Act pousse WhatsApp à ouvrir son interopérabilité
WhatsApp revendique plus de trois milliards d’utilisateurs dans plus de 180 pays, ce qui en fait la messagerie la plus utilisée au monde. Cette position dominante attire depuis plusieurs années l’attention des régulateurs, en particulier en Europe, où l’objectif affiché est de réduire les situations de verrouillage. Dans la pratique, beaucoup d’utilisateurs restent sur une application non par préférence, mais parce que leur cercle social et professionnel s’y trouve, ce qui rend le changement coûteux.
Le Digital Markets Act s’attaque à ce phénomène en imposant des obligations spécifiques aux plateformes jugées structurantes pour le marché. Pour la messagerie, l’une des mesures les plus visibles concerne l’interopérabilité, c’est-à-dire la capacité à échanger des messages entre services différents, sans devoir installer l’application du concurrent. L’idée est de rapprocher la messagerie d’un modèle comparable au courrier électronique, où l’on peut communiquer entre fournisseurs distincts.
Pour Meta, maison mère de WhatsApp, l’enjeu est double. D’un côté, l’entreprise doit se conformer aux exigences européennes et documenter les mécanismes techniques permettant l’échange. De l’autre, elle doit préserver des promesses centrales de WhatsApp, notamment la sécurité et la simplicité d’usage, tout en gérant des risques nouveaux, comme l’arrivée de messages indésirables provenant de services externes ou des divergences de standards de chiffrement.
Cette ouverture n’équivaut pas à une fusion générale de toutes les messageries. Elle repose sur une liste d’applications jugées compatibles, avec des conditions d’accès et des exigences techniques. Pour l’utilisateur, la nouveauté se traduit par un réglage à activer, puis par l’apparition de conversations d’applications tierces dans l’interface, avec des options d’organisation et de notification. Le déploiement étant progressif, la disponibilité et la liste des services pris en charge peuvent varier selon les pays, les versions et les appareils.
WhatsApp iOS et Android: activer les chats tiers dans les réglages
L’activation se fait depuis les paramètres de WhatsApp, avec une navigation légèrement différente selon le système. Sur iPhone, l’accès passe par l’icône de profil située en bas à droite de l’écran. Sur Android, il faut ouvrir le menu via les trois points en haut de l’application. Dans les deux cas, l’objectif est d’atteindre les réglages liés au compte, là où WhatsApp regroupe les options sensibles.
Dans le menu Compte, une option dédiée aux chats tiers apparaît. En sélectionnant Activer, l’utilisateur autorise la réception de messages provenant d’applications externes reconnues comme compatibles. WhatsApp affiche généralement un écran d’information avant validation, afin de préciser le périmètre de la fonction et les implications, notamment sur la manière dont les demandes de conversation entrantes peuvent se présenter.
Un point important tient à la notion d’applications autorisées. WhatsApp indique que la fonction ne s’applique qu’aux messageries tierces répondant à des critères définis, ce qui limite l’arrivée de services non conformes. Dans l’interface, une liste de services compatibles est proposée au moment de la configuration, avec la possibilité de choisir ceux dont on accepte les messages. Cette étape conditionne l’expérience, car elle évite de transformer l’ouverture en porte d’entrée universelle.
WhatsApp propose aussi un choix d’organisation des conversations. L’utilisateur peut décider d’afficher les discussions externes dans une boîte de réception combinée avec les conversations WhatsApp, ou dans un espace séparé. La première option vise la simplicité, en centralisant les échanges. La seconde répond à un besoin de cloisonnement, par exemple pour distinguer les contacts WhatsApp habituels des messages provenant d’un autre service, avec des usages potentiellement différents.
Une fois les options sélectionnées, un dernier écran de confirmation finalise l’activation. En cas de changement d’avis, il est possible de revenir dans les réglages pour modifier l’organisation, ajuster les services autorisés ou désactiver la réception de chats tiers. Cette logique de contrôle par l’utilisateur est un élément clé, car elle répond à la fois aux exigences réglementaires d’ouverture et aux attentes de maîtrise des canaux de contact.
BirdyChat et Haiket: les premières messageries compatibles, pas encore Signal
Au moment où la fonction apparaît dans l’interface, la liste des services compatibles peut être courte. Dans certaines configurations, WhatsApp affiche seulement BirdyChat et Haiket comme applications tierces disponibles. Cette réalité surprend, car le débat public autour de l’interopérabilité cite le plus souvent des acteurs majeurs comme Signal ou Telegram, qui ne figurent pas forcément dans les premières listes visibles par les utilisateurs.
Plusieurs raisons peuvent expliquer ce décalage. D’abord, l’interopérabilité nécessite des accords techniques, des tests de sécurité et une conformité à des spécifications. Une messagerie peut choisir de ne pas s’intégrer immédiatement, par stratégie, par prudence, ou parce qu’elle conteste certains paramètres. Ensuite, le déploiement est susceptible d’être progressif, avec des phases pilotes, des listes qui évoluent selon les pays et des validations successives.
Le choix des premiers services compatibles peut aussi refléter une approche prudente de WhatsApp. En commençant avec un nombre limité d’applications, l’entreprise peut observer les effets sur l’expérience utilisateur, sur la modération, sur la gestion des spams et sur la stabilité. Une ouverture trop large dès le départ aurait un coût opérationnel plus élevé, notamment si des volumes importants de messages externes apparaissaient sans mécanismes de filtrage éprouvés.
Pour l’utilisateur, cette situation signifie que l’intérêt concret dépend de la présence de ses contacts sur les services compatibles. Si les applications proposées ne sont pas utilisées dans son entourage, l’activation reste surtout un test de fonctionnalité. À l’inverse, dans des secteurs où certaines messageries spécialisées sont répandues, la centralisation dans WhatsApp peut réduire la fragmentation, avec moins d’allers-retours entre applications.
La question de l’arrivée de grands acteurs reste ouverte, mais l’évolution reste incertaine. Les décisions dépendront de critères techniques, de la volonté des plateformes concernées et du cadre d’application du DMA. Pour WhatsApp, chaque nouvelle intégration élargit la promesse d’un point d’entrée unique, mais augmente aussi la complexité, car il faut gérer des comportements, des formats et des politiques distinctes entre services.
Notifications et lancement d’un chat tiers: options dans l’onglet Discussions
Une fois la fonction activée, WhatsApp permet d’affiner la manière dont l’utilisateur est informé. Dans les réglages, une option peut autoriser des notifications spécifiques lorsqu’un contact tente de joindre l’utilisateur via un chat tiers. Cette granularité répond à un usage courant, limiter les interruptions tout en restant joignable, surtout si l’on teste la fonction ou si l’on craint une hausse de sollicitations.
Le démarrage d’une conversation externe se fait depuis l’onglet des discussions. L’utilisateur peut appuyer sur le bouton Plus situé en haut à droite, puis sélectionner une action du type Nouveau chat tiers. L’interface propose ensuite le choix du service compatible, puis la sélection du destinataire ou l’initiation de la discussion selon les possibilités offertes par l’intégration.
Sur le plan ergonomique, WhatsApp cherche à conserver ses repères habituels. Le but est que l’utilisateur n’ait pas l’impression d’entrer dans une application différente, même si le message part vers un autre service. Cette cohérence d’interface est importante pour l’adoption, car l’un des freins à la multiplication des messageries est la fatigue liée aux réglages, aux notifications et aux habitudes d’usage à réapprendre.
Cette centralisation pose aussi des questions pratiques. Une boîte de réception combinée peut simplifier le quotidien, mais elle peut rendre plus difficile l’identification de l’origine d’un message, surtout si l’utilisateur gère des échanges personnels, associatifs et professionnels. Le choix d’un affichage séparé peut réduire ce risque, au prix d’un clic supplémentaire pour accéder aux conversations externes.
Enfin, l’interopérabilité ne règle pas tout. Des différences peuvent subsister selon les fonctionnalités prises en charge, par exemple la gestion de certains types de pièces jointes, la compatibilité de réactions, ou l’affichage de statuts. Le déploiement initial sert souvent à stabiliser la messagerie texte et la gestion des contacts, avant d’étendre progressivement la palette de fonctions. Pour les utilisateurs, l’intérêt immédiat est surtout de réduire le nombre d’applications à ouvrir pour suivre des échanges qui étaient jusque-là dispersés.
Questions fréquentes
- Comment activer les chats tiers dans WhatsApp sur iPhone et Android ?
- Dans WhatsApp, ouvrez les réglages, puis allez dans « Compte » et cherchez l’option liée aux « chats tiers ». Sur iPhone, l’accès se fait via l’icône de profil en bas à droite. Sur Android, il faut passer par le menu des trois points. Activez la fonction, choisissez les services compatibles proposés, puis sélectionnez l’affichage combiné ou séparé.
- Quelles applications sont compatibles avec l’interopérabilité WhatsApp ?
- La compatibilité dépend des versions et du déploiement. Dans certaines configurations, WhatsApp affiche une liste limitée, par exemple BirdyChat et Haiket. D’autres services connus comme Signal ou Telegram ne sont pas forcément proposés immédiatement, car l’intégration dépend de critères techniques et d’accords de mise en œuvre.
- Peut-on recevoir une alerte quand un message arrive via une messagerie tierce ?
- Oui, WhatsApp propose des réglages pour être notifié lorsqu’un contact vous écrit via un chat tiers. Ces options permettent d’adapter les alertes à votre usage, surtout si vous souhaitez tester la fonction sans multiplier les interruptions.




