Pourquoi changer de modèle de chaîne d’approvisionnement augmente les émissions

Pourquoi changer de modèle de chaîne d'approvisionnement augmente les émissions

Les entreprises américaines qui s’appuient sur des méthodes simplistes pour calculer leurs inventaires d’émissions Scope 3 risquent de voir ces estimations grimper lorsqu’elles optent pour des modèles plus sophistiqués. Une récente étude met en lumière ce phénomène, soulignant la nécessité d’une approche plus nuancée.

Les données primaires étant souvent difficiles à obtenir, de nombreuses entreprises utilisent des modèles basés sur les dépenses. Ces modèles convertissent le montant dépensé pour un produit en une estimation des émissions associées. Problème : les facteurs d’émissions varient selon les modèles, souvent basés sur un seul pays. Par exemple, un modèle basé sur les données des États-Unis suppose que toute la chaîne d’approvisionnement est américaine. Or, les biens fabriqués hors de l’Amérique du Nord génèrent souvent plus d’émissions, ce qui fait bondir les estimations de Scope 3 lorsque l’on prend en compte les différences régionales.

Les limites des modèles simplistes

Yohanna Maldonado, qui a participé à l’étude, explique que ces modèles mettent une étiquette “made in the U.S.” fictive sur chaque produit, masquant ainsi la réalité. Pour une précision accrue, les entreprises peuvent se tourner vers des modèles multi-régionaux, qui prennent en compte les intensités d’émissions locales. Avec ses collègues, Maldonado a découvert que les émissions totales en amont de près de 5 400 entreprises avaient bondi de 2 milliards de tonnes de CO2 en 2023 en utilisant un modèle multi-régional.

Opportunités et obstacles

Si les modèles multi-régionaux offrent une image plus fidèle des émissions, encore peu d’entreprises sont prêtes à adopter cette approche. La majorité des entreprises ayant divulgué leurs méthodes utilisent une approche à région unique, freinées par la facilité d’accès de ces modèles. Jusqu’à l’année dernière, l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis proposait un modèle gratuit basé sur les données américaines. Mais les choses pourraient changer avec l’introduction de Cornerstone, un nouvel outil collaboratif.

Les entreprises qui importent des produits à fortes émissions, comme l’acier ou les engrais, constateront probablement les augmentations les plus significatives en adoptant un modèle multi-régional. Les augmentations de 20 à 40 % sont typiques parmi les clients de Watershed qui ont effectué la transition. Cependant, ces modèles peuvent également révéler des opportunités de réduction des émissions en identifiant les sources d’approvisionnement plus écologiques, comme l’aluminium du Brésil contre celui de Chine.

Questions fréquentes

Pourquoi les modèles multi-régionaux montrent-ils des émissions plus élevées?
Ils prennent en compte les intensités d’émission locales, révélant une image plus précise des émissions liées aux importations.

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