Mercedes rappelle ses EQA 250+ et EQB 250+ pour risque d’incendie de batterie

Mercedes rappelle ses EQA 250+ et EQB 250+ pour risque d'incendie de batterie

Mercedes lance un rappel pour ses SUV électriques EQA 250+ et EQB 250+ : la batterie de traction doit être remplacée à cause d’un risque d’incendie. Le problème évoqué concerne un possible court-circuit interne pouvant entraîner surchauffe et départ de feu.

Le rappel touche 51 729 véhicules dans le monde. Sur le marché européen, les modèles concernés appartiennent à une même famille technique, et partagent une batterie de 70,5 kWh fournie par Farasis, un équipementier chinois déjà connu dans l’industrie des cellules.

Pour les acheteurs, l’enjeu n’a rien d’abstrait : l’EQA vise un usage quotidien, souvent en recharge à domicile. Or, quand un constructeur demande de limiter la charge à 80 % et de stationner à l’extérieur, la promesse “zéro contrainte” de l’électrique prend un coup. Et quand on parle d’un modèle affiché à partir de 46 950 € (EQA 250), la tolérance au bricolage temporaire baisse vite.

Quels modèles sont concernés, et pourquoi Mercedes parle de risque d’incendie

Les véhicules visés sont les Mercedes EQA 250+ et Mercedes EQB 250+, produits entre le 20/02/2021 et le 30/07/2024. Il s’agit de versions équipées d’une batterie de 70,5 kWh. Mercedes évoque un scénario de court-circuit interne : ce type d’incident, dans une batterie lithium-ion, peut déclencher une montée en température difficile à contenir si elle s’emballe.

Le chiffre qui donne l’échelle du dossier, c’est 51 729 véhicules rappelés au total. Dans l’Union européenne, les campagnes de rappel sont suivies et documentées, et les propriétaires sont généralement informés via le réseau et les canaux officiels. Le point important, pour le conducteur, tient moins au nombre qu’à la nature de l’intervention : il ne s’agit pas d’un simple passage à la valise, mais d’un remplacement de batterie.

Autre détail qui compte : Mercedes indique que ces autos ont été livrées avec cette batterie dès l’origine, et qu’une mesure transitoire a déjà existé via un logiciel (mise à jour réduisant la capacité utilisable). On comprend l’idée : réduire la sollicitation de certaines zones de charge pour limiter le risque. Reste une question simple : quand un SUV électrique premium doit “vivre” quelques mois avec une restriction virtuelle, l’expérience client reste-t-elle au niveau attendu à ce tarif ?

En attendant la nouvelle batterie : charge limitée à 80 % et stationnement dehors, un quotidien chamboulé

Le correctif définitif passe par un échange de batterie, et Mercedes reconnaît que tout ne pourra pas être fait immédiatement. En attendant, consigne claire : ne pas recharger au-delà de 80 % et garer le véhicule uniquement à l’extérieur. Sur le papier, 80 % peut sembler confortable, mais dans la vraie vie, cela réduit la marge pour un trajet imprévu, surtout en hiver quand la consommation grimpe. Et le stationnement dehors, c’est une contrainte très française : entre parkings résidentiels en sous-sol, copropriétés et box fermés, tout le monde n’a pas un emplacement extérieur disponible 7 jours sur 7. L’intervention elle-même est annoncée à une journée de travail (net), ce qui implique immobilisation, organisation et parfois véhicule de courtoisie. Le remplacement doit aussi permettre de retrouver l’état “normal” du véhicule, c’est-à-dire sans la limitation logicielle temporaire : autrement dit, revenir à ce que l’auto promettait au moment de la livraison. Difficile de ne pas se demander combien de temps les clients devront composer avec ces règles, et si les délais d’atelier suivront, surtout sur des modèles vendus en volumes non négligeables dans les grandes villes.

Ce que ça change pour les propriétaires en France, et ce que dit ce rappel du marché de l’électrique

Pour un propriétaire, le premier réflexe reste pragmatique : vérifier si son véhicule fait partie de la période de production 2021-2024 et attendre le contact pour planifier l’intervention. Le fait marquant ici, c’est la nature du geste : un remplacement complet de la batterie, pas un composant annexe. Sur un véhicule électrique, la batterie représente une part énorme de la valeur, et c’est précisément l’organe qui rassure ou inquiète à la revente.

Le rappel tombe aussi à un moment où l’électrique premium se vend sur la tranquillité d’esprit autant que sur la performance. L’EQA se positionne comme un SUV compact “facile”, et son prix de départ à 46 950 € (EQA 250) le place dans une zone où l’acheteur hésite souvent entre premium et généraliste haut de gamme. Dans ce contexte, demander de rester à 80 % et de stationner dehors, même temporairement, pèse forcément dans la balance : qui a envie de réapprendre ses habitudes de recharge après avoir mis près de 47 000 € dans un véhicule censé simplifier le quotidien ?

Reste le sujet qui fâche : la confiance. Les rappels existent aussi pour éviter le pire, et c’est plutôt sain qu’un constructeur intervienne avant un enchaînement d’incidents. Mais ce dossier rappelle une réalité : la chaîne d’approvisionnement des batteries (cellules, modules, pack) reste l’élément le plus sensible d’une voiture électrique. Entre la batterie Farasis, la gestion logicielle et l’échange physique, on voit bien que l’électrique moderne se joue autant en chimie qu’en SAV. Si vous roulez en EQA 250+ ou EQB 250+, la question à se poser est simple : votre usage quotidien peut-il absorber plusieurs semaines avec une charge plafonnée à 80 % et un stationnement dehors, ou faut-il revoir vos habitudes dès maintenant ?

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