La Chine n’est pas le seul pays asiatique à vouloir conquérir le marché automobile européen. C’est du Viêt Nam que vient VinFast, dont les modèles débarquent très lentement sur le Vieux Continent. Beaucoup plus lentement que prévu pour une marque qui a un étrange triomphe derrière elle et dont la valorisation surprend le monde automobile.
C’est en août dernier que VinFast a été introduite en bourse, cinq ans après sa présentation officielle par la main d’un illustre parrain : Beckham. La valorisation initiale de ses actions était de 85 000 millions de dollars (79 680 millions d’euros, selon le taux de change actuel), un chiffre qui la plaçait au-dessus des géants de l’industrie tels que Volkswagen, BMW, Ford et General Motors, dont les ventes se chiffrent en millions.
Cette valorisation a atteint 200 milliards de dollars (187,484 millions d’euros) au cours du même mois, suscitant l’incrédulité de l’industrie automobile. Il n’est pas surprenant que Luca de Meo, PDG de Renault, ait déclaré au Financial Times : “Pensez-vous que VinFast puisse valoir plus que BMW ? Soyons sérieux.
Depuis, ce chiffre a considérablement chuté : il a baissé de 80 %. Il est désormais évalué à un peu moins de 40 milliards de dollars (37,496 milliards d’euros), un chiffre qui place toujours VinFast devant des constructeurs tels que Hyundai, Nissan et Renault.

24 000 unités en 2022
Ces chiffres sont frappants car, en 2022, VinFast n’immatriculera que 24 000 unités. Cette année, elle vise à vendre 50 000 voitures, mais entre janvier et mai, elle a mis en circulation 128 véhicules aux États-Unis, l’un de ses marchés les plus importants en dehors de l’Asie.
Il convient d’ailleurs de noter que les premières unités à atteindre le marché américain ont été livrées après de longs retards et ont reçu des critiques négatives à leur arrivée. Le VinFast VF8, par exemple, a été critiqué pour sa mauvaise qualité de fabrication et ses composants électroniques défectueux.
En outre, ils ont dû être rappelés en raison d’un bogue logiciel susceptible d’augmenter le risque d’accident, selon la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA).

La moitié de ses ventes, à elle-même
Le Financial Times a élargi le focus sur les chiffres de VinFast pour révéler qu’au premier semestre 2023, le constructeur vietnamien n’a vendu que 11 300 véhicules. Plus de la moitié d’entre eux, soit 7 100 unités, ont été achetés par Green and Smart Mobility (GSM).
Il s’agit d’une compagnie de taxis qui appartient au VinGroup. En d’autres termes, la société mère qui possède VinFast et qui appartient à Pham Nhat Vuong, l’homme le plus riche du Viêt Nam. En fait, la moitié des ventes ont été réalisées à son profit.
D’autre part, lors d’une récente comparution devant la Securities and Exchange Commission américaine, VinFast a admis qu’une autre partie de ses revenus provenait de la vente de composants de batteries au fournisseur d’énergie VinES et de la vente d’autobus électriques à VinBus. En effet, ces deux entreprises font également partie du groupe VinGroup.



