La future Loi sur la Mobilité Durable représente une opportunité historique pour établir les bases d’un système de transport plus efficace, équitable et respectueux de l’environnement. Cependant, elle ne devrait pas inclure l’obligation pour les grandes entreprises d’électrifier leurs flottes de véhicules. Cette mesure semble toutefois figurer à l’agenda de la Commission Européenne, qui envisage actuellement la possibilité de présenter un futur projet de loi sur les flottes. Avant d’examiner les avantages et les effets que cette réglementation pourrait avoir, quelques chiffres justifiant la nécessité de cette mesure sont à souligner. En 2024, en Espagne, 58,4 % des immatriculations de véhicules provenaient d’entreprises. Ce pourcentage se divise en 40,8 % pour les flottes d’entreprises et de location, et le reste pour le secteur de la location de voitures. En revanche, les immatriculations des particuliers ne représentaient que 41,6 % du total. Il est également important de noter que la plupart des véhicules d’occasion récents sur le marché proviennent des canaux commerciaux. Seulement 8,6 % des véhicules d’occasion commerciaux et 6,1 % des voitures particulières ont 4 ans ou moins, comparés aux 56,1 % et 30,5 % respectivement dans le canal des entreprises. Cela montre une forte rotation dans le canal commercial, ce qui en fait un élément crucial dans le processus de décarbonation du parc automobile, d’autant plus que plus du double (2,1 fois exactement) d’acquisitions de véhicules ont lieu sur le marché de l’occasion. Au-delà des chiffres, il est essentiel de comprendre que les objectifs proposés s’appliqueraient exclusivement aux grandes entreprises. Beaucoup d’entre elles ont déjà mis en place des objectifs ambitieux en matière de décarbonation de leurs flottes, comme le font les membres du groupe EV100, une initiative mondiale regroupant des entreprises engagées dans l’accélération de la transition vers les véhicules électriques. Certaines entreprises bien connues telles qu’IKEA, Iberdrola, Unilever ou Siemens en font partie. En aucun cas cette mesure vise à nuire aux acteurs économiques plus vulnérables comme les Petites et Moyennes Entreprises ou les travailleurs indépendants. Au contraire, on pourrait soutenir que l’effet escompté est tout à fait inverse.
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Les avantages d’une flotte plus durable
Améliorer la qualité de l’air urbain est l’un des avantages universels potentiels d’une telle mesure. La réduction du trafic peut limiter l’accumulation d’émissions telles que les oxydes d’azote (NOx), les particules fines (PM2.5) et autres composés organiques volatils connus pour causer des maladies respiratoires et cardiovasculaires. De plus, cela contribuerait à réduire la pollution sonore, un autre problème majeur dans nos villes.
Ces objectifs réalistes et durables pourraient contribuer à améliorer la situation actuelle et inverser la tendance au vieillissement croissant du parc automobile. Ces mesures devraient être accompagnées d’incitations économiques ou fiscales pour aider les entreprises à atteindre ces objectifs.
Impact sur le PNIEC
L’introduction d’objectifs de décarbonisation pour les flottes d’entreprise contribuerait à atteindre les objectifs fixés par le PNIEC (Plan National Intégré Énergie Climat), qui vise à atteindre 5,5 millions de véhicules électriques en Espagne d’ici 2030.
Il est encore loin d’y parvenir et toute mesure susceptible d’y contribuer devrait être accueillie favorablement.

