Les humains avaient l’habitude de dormir deux fois par nuit. Voici pourquoi cette pratique a disparu.
Pendant la majeure partie de l’histoire humaine, un sommeil continu de huit heures n’était pas la norme. Au lieu de cela, les gens dormaient généralement en deux périodes chaque nuit, souvent appelées “premier sommeil” et “deuxième sommeil”. Chacun de ces sommeils durait plusieurs heures, séparés par une période d’éveil d’une heure ou plus au milieu de la nuit. Des archives historiques d’Europe, d’Afrique, d’Asie et d’ailleurs décrivent comment, après le coucher du soleil, les familles se couchaient tôt, puis se réveillaient vers minuit pendant un certain temps avant de retourner dormir jusqu’à l’aube.
La disparition du deuxième sommeil s’est produite au cours des deux derniers siècles en raison de profonds changements sociétaux. L’éclairage artificiel en est l’une des raisons. Dans les années 1700 et 1800, les lampes à huile, puis l’éclairage au gaz, et finalement la lumière électrique, ont commencé à transformer la nuit en un temps d’éveil plus utilisable. Au lieu de se coucher peu de temps après le coucher du soleil, les gens ont commencé à veiller plus tard dans la soirée sous la lumière des lampes.
Lien avec notre perception du temps
La division de la nuit en deux parties a probablement changé la manière dont le temps était ressenti. L’intervalle calme donnait aux nuits un milieu clair, ce qui peut rendre les longues soirées d’hiver moins continues et plus faciles à gérer. L’intervalle de minuit n’était pas un temps mort; c’était un temps remarqué qui façonne la façon dont les longues nuits sont vécues.
Certains se levaient pour s’occuper des tâches domestiques comme remuer le feu ou vérifier les animaux. D’autres restaient au lit pour prier ou contempler les rêves qu’ils venaient juste d’avoir. De nombreuses lettres et journaux de l’époque pré-industrielle mentionnent que les gens utilisaient les heures calmes pour lire, écrire ou même socialiser discrètement avec leur famille ou leurs voisins. De nombreux couples profitaient de cette phase d’éveil nocturne pour l’intimité.
Impact des longs hivers sombres
La lumière régle notre horloge interne et influence notre perception du temps qui passe. Lorsque ces indices s’estompent, comme en hiver ou sous un éclairage artificiel, nous dérivons temporellement. En hiver, une lumière matinale tardive et faible rend plus difficile l’alignement circadien. La lumière du matin est particulièrement importante pour réguler les rythmes circadiens car elle contient une quantité plus élevée de lumière bleue, qui est la longueur d’onde la plus efficace pour stimuler la production de cortisol par le corps et supprimer la mélatonine.
Les résidents s’adaptent mieux lorsque leur communauté partage un horaire quotidien régulier. Une étude menée en 1993 sur des populations islandaises et leurs descendants qui ont émigré au Canada a montré que ces personnes présentaient des taux inhabituellement bas de trouble affectif saisonnier (SAD) en hiver. L’étude suggère que la génétique peut aider cette population à faire face au long hiver arctique.



