Le Huawei Mate X7 passe au banc d’essai. Son point fort : une caméra puissante dans un smartphone pliable. Il se passe de Google pour (presque) tout, au quotidien.
Huawei continue d’avancer sur une ligne que peu de marques osent tenir en Europe : proposer un smartphone pliable haut de gamme qui vit très bien sans les services Google. Le Mate X7 pousse l’idée plus loin, avec un format affiné (4,5 mm ouvert, 9,5 mm fermé) et une promesse simple : un pliable qui ressemble enfin à un téléphone « normal » au quotidien.

Sur la partie matérielle, le tableau est flatteur : deux écrans 120 Hz, une luminosité annoncée à 3 000 nits sur la dalle externe, une batterie de 5 300 mAh et une charge filaire à 66 W. Surtout, Huawei mise gros sur la photo avec un trio de capteurs dont un téléobjectif 3,5x stabilisé, un choix qui parle aux gens qui zooment vraiment, pas seulement pour « tester ».
Le revers, c’est que l’équilibre n’est pas parfait. Le Kirin 9030 (le processeur maison) et l’écosystème logiciel sans Google demandent un peu de patience. La question devient alors très concrète : entre la liberté vis-à-vis de Google et quelques compromis de puissance, qui a envie de faire ce choix en 2026 ?

Un pliable (presque) aussi simple à vivre qu’un téléphone classique
Ce qui frappe d’abord, c’est l’effort sur l’épaisseur. À 9,5 mm une fois fermé, le Mate X7 ne donne plus cette impression de « brique » qu’on associe encore aux pliables. Ouvert, il descend à 4,5 mm, ce qui reste spectaculaire en main. En revanche, la bosse photo est massive : elle paraît presque aussi épaisse que le reste du téléphone, un détail qui change la prise en main sur une table.
Le poids, lui, rappelle que tout n’a pas été miniaturisé : 236 g, c’est plus lourd que beaucoup de smartphones classiques et même au-dessus de certains pliables récents. Sur une journée, la différence se sent dans une poche de veste ou quand on l’utilise longtemps à une main. Huawei compense avec une certification IP59 (résistance à la poussière et à de forts jets d’eau), un point rassurant sur un produit qui coûte cher à réparer.
Côté écrans, Huawei soigne la copie. L’écran externe est un OLED 6,49 pouces en 120 Hz (rafraîchissement élevé, donc défilement plus fluide), avec une définition de 2444 x 1080. À l’intérieur, on passe sur une dalle AMOLED 8 pouces, aussi en 120 Hz, en 2210 x 2416. Les deux affichent 412 ppp (densité de pixels), ce qui évite l’effet « grille » sur du texte, un point clé sur un grand écran pliable.

Huawei ajoute du pratique, pas juste du chiffre : lecteur d’empreintes latéral (capteur capacitif, généralement plus fiable que certains capteurs sous l’écran), double SIM physique et même infrarouge pour piloter une TV ou une clim. Le Wi-Fi 7 et le Bluetooth 6.0 sont là pour la fiche technique, mais la vraie question reste l’usage : est-ce qu’on ouvre réellement un 8 pouces pour répondre à des messages, ou surtout pour lire, travailler et retoucher des photos ?
Sans Google : ça marche… mais il faut accepter une autre routine
Le Mate X7 tourne sous Android 12 avec EMUI 15. Le point important n’est pas la version en elle-même, mais ce qu’elle implique : pas de Google Play Services (les briques Google qui font tourner beaucoup d’apps). Dans la pratique, Huawei pousse son propre écosystème et des alternatives, et on peut faire « presque tout »… tant qu’on accepte de changer quelques habitudes.

Pour certains usages, l’absence de Google passe crème : navigation web, messagerie, photos, productivité basique. Pour d’autres, elle se rappelle à vous au pire moment : une app bancaire qui refuse de s’ouvrir, un service de VTC capricieux, une appli de domotique qui réclame une connexion Google. On peut légitimement se demander si, en 2026, un smartphone à ce niveau de gamme peut encore demander ce type d’arbitrages au quotidien.
Sur la puissance, Huawei progresse mais ne vise pas le sommet. Le Kirin 9030 et les 16 Go de RAM assurent une bonne fluidité sur l’interface, mais l’ambition « pliable premium » se heurte à un point faible : le niveau de performance brute n’est pas celui qu’attendent les joueurs ou les gros utilisateurs. Face à des références Android très diffusées comme un Samsung Galaxy S25+ (à partir de 899 €) ou un Google Pixel 9 (à partir de 599 €), l’écart se joue moins sur l’écran que sur l’écosystème et la puissance disponible pour les usages lourds.

Photo : le téléobjectif 3,5x fait la différence, surtout quand on zoome « pour de vrai »
Huawei met clairement la photo au centre avec un module arrière triple : 50 Mpx en principal (avec ouverture variable f/1.49 à f/4.0 et OIS, stabilisation optique), 40 Mpx en ultra grand-angle, et un téléobjectif 50 Mpx avec zoom optique 3,5x et OIS. Dit simplement : le zoom n’est pas un gadget numérique, il repose sur une vraie optique, donc les portraits et les sujets lointains gardent du détail.
Au quotidien, ce téléobjectif devient vite « la » caméra plaisir : cadrer une scène de rue sans s’approcher, isoler un détail architectural, faire un portrait sans déformer les visages. Le Mate X7 propose aussi de la haute résolution et du RAW (format photo brut, utile si vous retouchez), et même un mode macro qui, dans les faits, peut donner de meilleurs résultats en utilisant le téléobjectif plutôt qu’un macro dédié.

Quand la lumière baisse, le Mate X7 reste solide, mais pas magique : le bruit numérique peut apparaître sur certaines scènes nocturnes, un comportement qu’on retrouve sur beaucoup de smartphones. En vidéo, Huawei propose une expérience cohérente avec ce positionnement, et les deux caméras frontales de 8 Mpx (une dehors, une dedans) dépannent pour de la visio, même si elles ne sont pas l’argument d’achat. Reste la grande question : si vous êtes prêt à vivre sans Google, est-ce que ce combo pliable 8 pouces + zoom 3,5x suffit à vous faire oublier les compromis de puissance ?



