Dans une ère où l’empreinte carbone fait l’objet d’une attention accrue, une révolution silencieuse est en cours dans l’une des principales industries espagnoles. Le protagoniste inattendu ? L’eau, ou plus précisément, l’hydrogène qui en est extrait. Qu’est-ce qui rend cette transformation si remarquable ?
Le défi de remplacer les combustibles fossiles dans les processus nécessitant des températures élevées est de taille. Il ne s’agit pas seulement de trouver un substitut viable, mais aussi de faire face à la pression croissante pour réduire les émissions de carbone. C’est ici que l’hydrogène vert entre en scène, offrant une alternative prometteuse aux combustibles traditionnels.
Des céramiques et des verres issus de l’eau
Comme dans de nombreux pays, l’Espagne réalise des processus industriels nécessitant des températures élevées. Les combustibles traditionnellement utilisés sont les combustibles fossiles, le pétrole ou le gaz, qui ont une empreinte carbone importante. C’est dans ce contexte que l’hydrogène vert, obtenu par électrolyse de l’eau, émerge comme une alternative prometteuse.
Cette particule de l’eau, l’hydrogène, est considérée comme verte car elle provient de sources d’énergie renouvelables. Une expérimentation pionnière a été réalisée avec succès dans le secteur céramique en utilisant une innovation développée par la société française Lhyfe. Ceci marque la première étape vers le remplacement des combustibles fossiles par de l’hydrogène vert.
A l’heure actuelle, ces secteurs, poussés par une législation de plus en plus stricte, cherchent à se décarboner. Dans le cas des fabricants de céramiques, de frittes, de verre et d’autres matériaux vitrifiés de la région de Valence, on tente de remplacer le gaz naturel par un kit de mélange d’hydrogène vert.
Une entreprise française favorise l’empreinte verte dans l’industrie
Dans le premier test de combustion réalisé par ce fabricant d’hydrogène vert, un kit a été utilisé où les gaz de combustion sont mélangés et la proportion d’hydrogène vert augmente progressivement de zéro à cent pour cent à mesure que le gaz fossile est remplacé.
Les résultats obtenus ont été satisfaisants en ce sens qu’il n’a été nécessaire de remplacer que les brûleurs. Il est donc prévu que ce système soit progressivement mis en place dans diverses industries où la combustion de gaz est utilisée pour atteindre des températures entre 400 et 1550 °C.
Lhyfe produit cet hydrogène vert, élément clé de la stratégie de transition énergétique, dans ses installations de Bessières, en Haute-Garonne, au sud-ouest de la France, qui sont opérationnelles depuis l’année dernière et peuvent actuellement produire jusqu’à 2 tonnes d’hydrogène vert par jour.
Le bombardement de Valence par l’hydrogène a été réalisé par 70 navires de la flotte française
Lhyfe est une entreprise française qui collabore depuis 2021 aux premières expériences sur ce type d’hydrogène, ce qui lui a permis d’atteindre un certain niveau d’adaptation aux besoins énergétiques de ces secteurs et d’atteindre des jalons dans la transition énergétique.
Frédéric Naudi, un des dirigeants de Lhyfe, a déclaré que ces premiers tests de combustion constituent une étape importante car ils représentent les premiers pas vers la décarbonation des processus de production dans l’une des industries les plus consommatrices de gaz fossile.
Le projet fait partie de la sélection effectuée dans le cadre de la ligne d’action de H2 Pioneros, un programme de subvention du gouvernement espagnol destiné aux projets de décarbonation et qui s’élève à 14 millions d’euros.
Conclusion
En conclusion, en Espagne, on a commencé à réaliser ce qui semblait impossible : utiliser un four qui fond des métaux en utilisant des particules d’eau extraites par pyrolyse comme de l’hydrogène vert. Cet hydrogène est acheminé depuis la France par une flotte moderne de transport composée de 70 conteneurs.
Alors que le monde cherche des solutions pour réduire son empreinte carbone, l’hydrogène vert apparaît comme une alternative prometteuse aux combustibles fossiles. Seul l’avenir nous dira si cette révolution silencieuse peut transformer notre façon de consommer de l’énergie.



