Carlos Tavares, l’ancien PDG de Stellantis, est de retour sur le devant de la scène avec la publication de son livre “Un pilote en la tempestad” le 23 octobre. Dans une interview accordée à Le Point, il évoque sans détour sa sortie controversée de Stellantis, sa généreuse indemnité, les arcanes de l’industrie automobile et ses prises de position sur le climat et la course à l’électrification.
Après avoir quitté Stellantis fin 2024, Carlos Tavares s’est fait discret pour se consacrer à divers projets tels que la production de vin, la restauration de voitures classiques, la participation à des courses et la gestion d’hôtels. Il prévoit également des investissements dans la compagnie aérienne Azores et le circuit d’Estoril, lieu emblématique où Ayrton Senna a remporté sa première victoire en F1 en 1985. Son retour marque la sortie imminente de son livre qui promet d’être riche en révélations.
Une indemnisation controversée
Dans son interview avec Le Point, Carlos Tavares aborde sans détour le sujet de son indemnisation suite à son départ de Stellantis. Avec une somme avoisinant les 35 millions d’euros, il défend cette compensation comme étant le fruit d’un contrat légalement établi. Il explique que diriger une entreprise est un travail risqué et mérite une rémunération adéquate. Cette indemnisation se compose notamment d’une prime de licenciement, des primes de performance liées aux succès obtenus durant son mandat et des rétributions correspondant à l’année 2024.
Une sortie précipitée de Stellantis
Carlos Tavares revient sur les circonstances entourant sa sortie précipitée de Stellantis. Confronté à un choix crucial concernant l’avenir du groupe face au virage vers l’électrification, il a préféré accélérer plutôt que temporiser. Cependant, ses décisions ont été remises en question par certains membres du conseil d’administration menant in fine à une perte de confiance et à son départ rapide. Malgré cette issue abrupte, Tavares assume pleinement sa responsabilité et exprime sa conviction quant à la nécessité d’accélérer la transition vers les véhicules électriques pour préserver l’environnement pour les générations futures.
Critiques et perspectives
Au-delà des détails entourant son départ de Stellantis, Carlos Tavares émet des critiques acerbes envers les politiques européennes concernant l’industrie automobile. Il pointe du doigt les conséquences néfastes du Dieselgate sur le secteur et dénonce une approche dogmatique des régulations environnementales qui a favorisé l’émergence des constructeurs chinois au détriment des acteurs européens mal préparés. Il met également en garde contre une possible “consolidation brutale” du marché automobile due aux pressions réglementaires et géopolitiques croissantes.
Perspectives sombres
En conclusion, Carlos Tavares livre un constat pessimiste sur la situation en France et critique vivement les politiques actuelles. Il souligne les défis majeurs auxquels le pays est confronté en termes d’industrialisation, de réformes économiques et sociales. Il met particulièrement en lumière le besoin urgent d’une vision claire dans un contexte politique incertain où les tensions internes risquent de compromettre tout progrès significatif.



