Vous voulez installer des panneaux solaires chez vous, mais vous ne voyez pas trop l’intérêt de tapisser votre toit ou votre balcon de traditionnelles plaques de silicium, sombres, encombrantes et manifestement conçues avec un critère bien plus pragmatique qu’esthétique. Pas de problème. L’industrie solaire sait depuis longtemps que son avenir ne se joue pas uniquement sur le terrain du coût, de l’efficacité et de la durabilité.
Pour réussir, les panneaux doivent être non seulement rentables, mais aussi simples… et beaux. L’entreprise polonaise ML System le sait et a donc opté pour un concept intéressant : des tuiles photovoltaïques recouvertes d’un revêtement céramique. Autant de panneaux que de tuiles.
Sa proposition est curieuse. Et elle vient d’être présentée.
Des tuiles photovoltaïques avec un revêtement céramique ? C’est bien cela. C’est ce que propose l’entreprise polonaise ML System, qui la présente comme une solution combinant les tuiles traditionnelles avec deux avantages supplémentaires : la capacité de produire de l’électricité et celle d’isoler thermiquement. Elle ressemble à une tuile classique, plate, lisse et en forme d’écaille, ce qui permet de l’installer en suivant le schéma conventionnel des toits ; mais en réalité, il s’agit de quelque chose de plus : une plaque photovoltaïque dotée d’une couche de céramique avec des nanoparticules métalliques qui réduisent le rayonnement infrarouge.
Pourquoi sont-elles intéressantes ? ML System affirme qu’elle remplit la fonction d’une tuile classique, améliore l’isolation et, bien sûr, produit de l’énergie propre avec des “rendements énergétiques élevés”, bien que l’entreprise ne les précise pas. Son plus grand atout est toutefois d’ordre pratique et esthétique. Ses créateurs affirment qu’elles peuvent être fabriquées dans n’importe quelle couleur, qu’elles sont résistantes aux intempéries, qu’elles sont faciles et rapides à installer et qu’elles peuvent alléger le poids des toits.
“Une installation photovoltaïque traditionnelle est montée sur le toit existant et représente donc une double charge. Cette tuile n’est pas montée sur le toit, mais constitue en elle-même une toiture totalement étanche et résistante aux intempéries”, affirme l’entreprise. D’après ses calculs, l’installation de ses panneaux ne prend pas plus de temps que le déploiement des tuiles céramiques standard.
Mais qu’en est-il de la solidité ? ML System explique que ses panneaux sont constitués de cellules de verre et de silicium, mais souligne qu’ils sont préparés pour se comporter comme des tuiles en céramique ou en ardoise. “Ils répondent à toutes les exigences des tuiles standard de la classe la plus élevée. Cela vaut pour la perméabilité, la résistance à la flexion et au vent. La tuile photovoltaïque est protégée contre la grêle. Même en cas de fortes chutes de neige, il n’est pas nécessaire de l’enlever, car elle possède une fonction autonettoyante”, souligne-t-il.
L’entreprise est convaincue que nous avons toujours installé les panneaux solaires de la mauvaise manière. Voici leur idée
Cette entreprise est convaincue que nous avons toujours mal installé nos panneaux solaires. C’est leur idée
Est-ce important ? L’entreprise insiste sur cette dernière idée : leur dureté. En effet, elle affirme que ses pièces sont résistantes au feu et qu’elles sont recouvertes d’une couche spéciale qui nécessite peu d’entretien. “Elle résiste à l’accumulation de neige – celle-ci ne se dépose pas sur la surface du verre – et possède également une couche autonettoyante, ce qui améliore considérablement son efficacité”, souligne-t-il.
Il ne s’agit pas d’un détail mineur. Des études montrent que l’accumulation de poussière et de fientes d’oiseaux peut entraîner une perte moyenne de 1 % du rayonnement social incident, avec une diminution des performances de 8 à 15 %. En 2016, des chercheurs ont même constaté que des modules photovoltaïques poussiéreux subissaient une perte de rendement de près de 30 %.
Sont-ils les premiers ? ML System vient de franchir une étape importante en enregistrant ses dessins industriels – en particulier le système de drainage et la méthode de fixation – auprès de l’Office de la propriété intellectuelle de l’Union européenne (UE). Cette démarche peut sembler anodine, mais l’entreprise souligne qu’elle lui permet de les protéger dans les pays de l’UE pour les années à venir. En réalité, si ses pièces se distinguent par leur couleur et leur forme, l’entreprise polonaise n’est pas la première à miser sur les tuiles photovoltaïques.
L’entreprise PaXos et l’entreprise Tejas Borja, basée à Valence, ont proposé des formules similaires. D’autres ont opté pour des panneaux semi-transparents, ce qui facilite leur intégration dans les fenêtres, les garde-corps ou les façades. L’objectif : faciliter l’intégration d’une technologie clé pour la décarbonisation, qui prend de plus en plus d’importance dans les toits des bâtiments, y compris les bâtiments à haute valeur historique, comme les cathédrales, où il est crucial que les panneaux passent le plus inaperçus possible.





