Dans un monde où l’intelligence artificielle et les services numériques sont au cœur des stratégies d’entreprise, les centres de données explosent. Mais cette expansion coûteuse menace les objectifs de réduction des émissions des entreprises. Pour Mastercard, il est crucial de gérer son empreinte carbone numérique. En avril dernier, la société a fait de la durabilité environnementale un indicateur clé de performance, examiné chaque mois par un comité de direction. Une initiative menée par le directeur de la technologie, George Maddaloni, et la directrice de la durabilité, Ellen Jackowski.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, les technologies de l’information représentent entre 2 et 4 % des émissions mondiales annuelles, un chiffre en augmentation rapide. Les géants de la tech, comme Amazon, Microsoft et Google, peinent à respecter leurs ambitions de réduction d’émissions, ayant investi plus de 364 milliards de dollars cette année dans l’expansion de leurs centres de données. Les banques et les services financiers, quant à eux, voient leurs besoins en énergie pour les centres de données peser jusqu’à 65 % des émissions liées à l’électricité et aux activités commerciales.
Mastercard et sa stratégie de durabilité
Mastercard a pris les devants en gérant de plus près son empreinte carbone numérique avant que l’IA ne devienne une priorité pour tous. La société a débuté par analyser ses données technologiques pour attribuer un impact carbone à chaque produit et service. Avec 60 % des émissions de ses opérations directes provenant de ses centres de données, Mastercard a mis en place un tableau de bord et un comité pour séparer la croissance des affaires des émissions. Cette approche vise à réduire l’empreinte carbone sans freiner l’expansion numérique.
Attention cependant, les efforts ne sont pas sans défis. La principale difficulté réside dans la collaboration entre les responsables technologiques et les leaders de la durabilité. Pour des entreprises comme Mastercard, où 6 % de l’empreinte carbone totale vient des centres de données, chaque initiative compte. Mais contrairement à Mastercard, certaines entreprises peinent encore à mettre en place des stratégies aussi rigoureuses.
Le poids des centres de données dans le futur numérique
Les centres de données variés dans leur niveau d’émissions, et le secteur bancaire est particulièrement touché. Les préoccupations concernant la consommation énergétique des centres de données dépassent largement la sphère des géants technologiques. Un sondage du Conference Board révèle que 60 % des dirigeants considèrent la demande énergétique des centres de données comme une préoccupation majeure liée aux investissements en IA. Pour les fournisseurs de soins de santé, l’impact des infrastructures IT est moindre, avoisinant 10-15 % des émissions de portée 2 et 3.
Ce défi croissant appelle à une réévaluation des stratégies d’investissement technologique. Il est clair que sans une gestion proactive, l’empreinte carbone numérique des entreprises continuera d’augmenter, menaçant les progrès vers un avenir durable.
Mastercard a déjà pris de l’avance sur ses concurrents en établissant des objectifs concrets et en suivant de près les progrès réalisés. Toutefois, la route vers une transition numérique durable reste semée d’embûches, nécessitant une collaboration étroite et continue entre les différents acteurs du secteur.
Questions fréquentes
- Comment Mastercard réduit-elle son empreinte carbone numérique?
- Mastercard utilise un tableau de bord pour surveiller les émissions et a formé un comité pour séparer la croissance commerciale des émissions de ses centres de données.




