La course au développement de l’hydrogène vert en Andalousie confrontée à un obstacle électrique majeur
La transition vers l’hydrogène vert dans la région andalouse se heurte à un défi de taille : le manque de capacité du réseau électrique pour absorber les investissements prévus par Moeve dans les années à venir. Les projets pharaoniques de Moeve à Huelva et à Cadix font face à des retards dus au manque de capacité énergétique.
Au cours des derniers mois, l’hydrogène vert est devenu un axe stratégique majeur pour l’industrie andalouse. Avec des milliards d’euros engagés, l’Andalousie cherche à se positionner sur la carte mondiale de la transition énergétique. Cependant, cette promotion n’est pas sans problèmes : l’infrastructure électrique disponible semble insuffisante pour soutenir le rythme d’investissement que Moeve et d’autres entreprises prévoient de déployer.
La société énergétique a fixé une date pour ses projets à Huelva et à Cadix, liés au Valle Andaluz del Hidrógeno, mais reconnaît que le manque de capacité du réseau électrique est la principale préoccupation à l’heure actuelle. Les propos de Jorge Acitores, responsable du Parque Energético La Rábida, ont clairement indiqué que l’électrification nécessaire n’avance pas au même rythme que les projets industriels.
Début du Valle Andaluz del Hidrógeno
À Huelva, se dessine ce qui sera l’un des plus grands pôles d’hydrogène vert du sud de l’Europe. Le plan prévoit la construction à Palos de la Frontera d’une usine d’électrolyse de 400 MW, capable de produire de l’énergie propre à la fois pour la consommation interne et pour des secteurs tels que le transport et l’industrie lourde.
Le site choisi, La Rábida, concentre déjà d’importantes installations énergétiques et logistiques. La société Moeve a d’ailleurs étendu un terminal maritime et en prépare un autre pour les matières premières végétales. L’objectif est d’avoir les accès prêts avant le démarrage de la production d’hydrogène à grande échelle.
Le gouvernement central s’est engagé à soutenir la phase initiale du projet du Valle Andaluz del Hidrógeno avec plus de 300 millions d’euros, tandis que la Junta de Andalucía a inclus l’initiative dans son programme de traitement accéléré. Cependant, la société reconnaît que sans un renforcement du réseau électrique, le calendrier pourrait en pâtir. Selon les plans actuels, l’usine d’hydrogène serait opérationnelle un peu plus de deux ans et demi après le début de sa construction. Le problème est que l’autorisation finale pour son approvisionnement en électricité n’est pas encore finalisée.
Frein énergétique pour le Valle Andaluz del Hidrógeno
Moeve envisage 2027 pour le lancement de son usine de HVO (Huile Végétale Hydrotraitée), déjà en phase avancée de construction. En parallèle, l’usine d’hydrogène attend le feu vert du Ministère de l’Industrie.
Bien que le reste des permis aient été approuvés et que les actionnaires aient donné leur soutien, la connexion électrique est toujours en attente. L’entreprise a souligné que le manque de capacité ne se résoudra pas du jour au lendemain, car les renforcements du réseau électrique nécessitent des délais importants.
Ce goulot d’étranglement est d’autant plus important que la société estime mobiliser près de 10 000 emplois liés au Valle Andaluz del Hidrógeno. Tout retard sur le réseau électrique impacte directement la création d’emplois et la compétitivité de la région autonome dans le secteur énergétique.
Le projet vise à fournir de l’hydrogène à grande échelle et vise également à positionner l’Andalousie comme un acteur de premier plan en Europe dans l’application des énergies renouvelables à l’industrie. La paradoxale est que, malgré les soutiens institutionnels et les investissements prévus, l’infrastructure de base reste le talon d’Achille.
Cadix : l’étape suivante dans le corridor de l’hydrogène
Alors que ces batailles techniques se déroulent à Huelva, Moeve prépare déjà la deuxième grande phase du Valle Andaluz del Hidrógeno à Cadix. À San Roque, Campo de Gibraltar, une usine d’ammoniac vert sera construite avec un investissement de plus de 3 milliards d’euros. La construction débuterait en novembre 2026 et se déroulera en deux étapes, avec un horizon de 2030 pour le début des opérations et 2033 pour atteindre sa pleine capacité. Cette installation jouera un rôle clé dans le corridor maritime de l’hydrogène entre l’Andalousie et Rotterdam.
Cadix se branche sur l’avenir avec un pipeline d’hydrogène vert qui le traverse de part en part.
Le projet cadixois a demandé l’autorisation environnementale intégrée à la Junta, étape essentielle pour démarrer les travaux. Dans ce cas également, le pari est stratégique : le Campo de Gibraltar est appelé à devenir un hub logistique pour l’exportation d’hydrogène et de ses dérivés vers le nord de l’Europe.
Avec sa reconnaissance en tant que Projet d’Intérêt Commun Européen, le complexe de San Roque bénéficiera d’une priorité et d’un soutien communautaire. Cependant, tout comme à Huelva, son succès dépendra de la capacité des infrastructures électriques à soutenir le vaste déploiement industriel prévu.




